« Je n’attends rien de l’état car l’état ne connaît pas mon état »

 je n’attends rien de l’état car l’état ne connaît pas mon état  mais c’est également sa responsabilité de nous accompagner.

Il fait partie de ces jeunes camerounais qui proposent aujourd’hui des solutions innovantes pour améliorer les conditions de vie des populations. À la tête de la startup HAKILA-TECH, Simon Wadefai est un ingénieur en télécommunication et également titulaire d’un master en big data et management Marketing. Avec plusieurs cordes à son arc, le jeune entrepreneur veut conquérir le monde avec ses inventions. Un objectif qu’il est en train de construire progressivement malgré quelques écueils. Mais ce n’est pas ça qui va démotiver l’ancien élève du lycée de Figuil dans son aventure. Malgré un agenda chargé, Jeunesse Du Mboa a réussi à partager un moment de confidences avec le chef d’entreprise qui vit entre la France et le Cameroun. 

Il y a encore quelques années vous étiez élève au lycée de Figuil, aujourd’hui on parle de vous comme étant un brillant ingénieur à qui tout réussi ou presque. Qu’est ce qui a été votre leitmotiv durant votre parcours?

Bill Gates, quand en seconde, mon professeur d’informatique nous Parle de lui comme étant l’homme le plus riche du monde à l’époque et que sa fortune faisait plus de 100 fois le budget du Cameroun à l’époque , je me suis dit pourquoi pas moi également et en plus je suis dans un pays très pauvre alors je pourrais aider mon pays à être aussi riche etc 

Après vos études avez-vous eu les choix difficiles à faire ? Si oui lesquels ?

Non j’ai pas eu trop de choix à faire car étant étudiant, je savais déjà que je voulais entreprendre donc l’école me perdait même le temps.

Qu’est-ce qui vous poussé dans l’entrepreneuriat ?

Mon véritable Leitmotiv c’est ma condition, la condition de mon village Figuil, de mon pays où encore de l’Afrique : car quand tu as grandi dans un pays comme le nôtre c’est de ta responsabilité donc j’ai décidé de résoudre les problèmes de la société.

Sécurité routière, cosmétique, agroalimentaire et autres. Qu’est-ce qui vous motive à investir dans autant de secteurs ?

La motivation de la diversification c’est simple, il y a encore tout à refaire et c’est à nous de le faire, pas les étrangers.

Parmi vos différentes inventions, notamment un sac à dos rechargeable avec l’énergie solaire, un soutien intelligent pour détecter le cancer chez les femmes et une solution anti collision pour les voitures. Pourquoi jusqu’à ce jour aucune ces trois inventions pour les citer ne sont pas vulgarisées au Cameroun ?

Principalement faute de moyens financiers car ces projets sont des projets technologiques et innovantes et par conséquent, cela demande beaucoup de moyens , il y’a également le laxisme de nos politiques pour faciliter les agréments, c’est le cas du dispositif anti collision pour véhicule dénommé HAKILA dispositif, jusqu’à ce jour je n’ai pas eu d’audience avec le ministre et pourtant j’ai demandé à plusieurs reprises. 

Lors de son traditionnel discours à l’endroit des jeunes à l’occasion de la fête de la jeunesse, le président Paul Biya a une fois de plus interpellé la jeunesse. Comment avez-vous réagi à son allocution ?

Honnêtement je n’ai pas attendu son discours pour entreprendre car je le fais depuis tout petit et je l’ai toujours dit : « je n’attends rien de l’état car l’état ne connaît pas mon état » mais c’est également sa responsabilité de nous accompagner.

Est-ce que vous pensez comme la plupart qu’il ne faudrait rien attendre de ce discours en terme de répercussion sur les maux qui minent déjà la jeunesse ? 

C’est le président, on écoute et on essaye de tirer le positif.

Le président a parlé des subventions pour accompagner la jeunesse. Vous faites partie des jeunes qui ont bénéficié du Plan Triennal Spécial jeune. Dans votre cas comment avez-vous été sélectionné ?

C’est à travers le concours fond proto que j’ai été sélectionné.( On aimerait justement savoir comment cela s’est déroulé)

Avez-vous bénéficié d’un suivi pendant la phase de réalisation de votre projet ?

Non, dans la mesure où j’étais vraiment le seul à connaître ce qu’il fallait pour que les choses avancent. 

Est-ce que vous devriez remboursé par la suite la somme qui vous a été allouée ? Si oui l’avez-vous fait ?

Oui, sur les 5 millions, je dois rembourser 3.5 millions. Je n’ai pas encore remboursé c’est à partir de l’année prochaine.

Aujourd’hui on demande aux gens de consommer les produits locaux, selon vous est-ce que cela est suffisant ? 

A propos des produits locaux, c’est le mindset des camerounais qu’il faut changer d’abord et le reste suivra

Comment vous réagissez lorsque les usagers se plaignent par exemple du prix d’achat d’un produit fabriqué localement ?

Ils se plaignent c’est normal car  nous n’avons pas les outils nécessaires pour l’industrialisation afin de produire en très grande quantité et vendre moins cher.

Quelles stratégies selon vous les autorités peuvent mettre en place pour faire de la consommation locale une réalité ?

Les autorités doivent mettre les moyens en place afin de faciliter l’industrialisation et subventionner les entreprises.

Vos produits sont-ils à la bourse du camerounais moyen ? Et où peut-on les trouver ?

Les prix de nos produits commencent à partir de 1500 FCFA jusqu’à plusieurs millions. La marque HAKILA-TECH est présente dans la ville de Douala où se trouve notre siège ( Bonapriso), Paris et très prochainement si tout se passe on aura une représentation à Kigali

Quel est le message que vous aimeriez partager avec la jeunesse africaine ?

tu es jeune et sois responsable , c’est ta responsabilité de développer ton pays et surtout n’attends rien de l’État car l’État ne connaît pas ton État.

Charles Binelli

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