Les réalités des Entreprises Camerounaises depuis la Crise

Les mesures mises en œuvre par le gouvernement sont-elles suffisantes pour permettre aux différentes entreprises de sortir intactes de cette crise sanitaire ?

Les entreprises au Cameroun, tout comme celles du reste du monde, souffrent énormément de l’impact du Covid-19 dans leurs activités. Dans l’optique d’accompagner ces entreprises à faire face à la crise, le gouvernement camerounais, a décidé d’agir en conséquence en débloquant des fonds et en mettant sur pied d’autres mesures permettant à la relance des secteurs touchés. Seulement l’économie camerounaise est diversifiée, et celle-ci est constituée en grande majorité par le secteur informel.  Les mesures mises en œuvre par le gouvernement sont-elles suffisantes pour permettre aux différentes entreprises de sortir intact de cette crise sanitaire ?

Les entreprises au Cameroun et leurs situations chaotiques

L’économie camerounaise est aux abois. D’ailleurs cette situation ne date pas d’aujourd’hui, elle s’est juste accentuée avec la venue du coronavirus. Depuis plusieurs années elle est frappée de plein fouet par la crise qui sévit dans les deux régions anglophones, puis par les attaques incessantes de la secte islamique Boko Haram dans la partie septentrionale. Deux situations qui ont plongé plusieurs secteurs dans une faille quasi-totale. On peut citer le transport, l’hôtellerie, le tourisme, et quelques activités du secteur tertiaire.

Ainsi, selon un rapport du Gicam (Groupement Inter-patronal du Cameroun) et de l’Ecam (entreprises du Cameroun), 92% des entreprises sont négativement impactées par la crise sanitaire. Pour mieux comprendre la difficulté dans laquelle sont plongées les entreprises au Cameroun, on va faire le tour du propriétaire en analysant quelques domaines stratégiques de l’économie qui sont au rouge. 

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Commençons par le domaine de l’hôtellerie, certainement l’un des secteurs qui payent le plus lourd tribut à cause de la crise. Les propriétaires d’hôtels sont à bout de souffle, ils ne savent plus sur quoi fonder leur espoir. Ils sont confrontés à de nombreux problèmes assez importants.

Le plus immédiat c’est celui de l’absence de la clientèle étrangère qui ne peut plus venir séjourner comme par le passé, parce que les aéroports sont fermés. Et même à l’intérieur du pays, des personnes qui avaient pour habitudes de faire des voyages pour les vacances et réserver des chambres dans ces lieux, n’osent plus le faire soit par peur de la maladie, soit par respects des mesures gouvernementales qui préconisent une limitation drastique des déplacements. Ce qui a entraîné une forte baisse des recettes dans ces établissements. Face à la rareté des ressources financières, tous les établissements hôteliers ont dû se séparer d’une bonne partie de leurs employés.

Un autre domaine qu’on peut citer ici est celui du transport. La distanciation sociale étant l’une des mesures préconisées, soit un mètre d’écart entre personne, il a été demandé aux responsables de ce secteur de réduire leur nombre de passagers afin que cette mesure soit respectée. Un bus qui accueillait 80 places, doit désormais avoir 50 places maximum. Dans les taxis, le nombre de places est aussi réduit, avant on avait cinq passagers, maintenant c’est quatre passagers.

Tous ces problèmes énumérés par domaine ont pour conséquences la faillite et la fermeture de certains établissements, la réduction des effectifs dans des entreprises ; le tout entraînant un chômage déplorable. Cependant, le Gouvernement prend des mesures pour aider ce secteur.

Mesures du Gouvernement pour aider les entreprises

Face à l’agonie des entreprises au Cameroun, le Gouvernement a décidé de prendre les devants afin de sauver ce secteur.  En effet, le chef de l’Etat SE Paul Biya a instruit un assouplissement dans certains domaines. C’est le cas du domaine des restaurants et débits de boissons. Il est désormais possible que ces établissements restent ouverts au-delà de 18 heures. Ceci a entraîné une relance importante dans ces lieux, avec le retour de la clientèle qu’ils avaient perdue. Cependant, le chef de l’Etat a été clair, les personnes qui y sont doivent rester à une distance raisonnable l’un vis-à-vis de l’autre.

D’un autre côté, le président de la République a pris aussi certaines mesures pour aider le secteur du transport. A cet effet, il a décidé de lever la mesure qui réduisait le nombre de places dans les bus et les taxis. Dès lors, les acteurs de ce secteur ont la possibilité de refaire les mêmes bénéfices qu’ils faisaient avant la crise. La seule exigence du Gouvernement reste, le port du masque des passagers et des conducteurs . Toujours dans le transport, il a été décidé de l’exonération (annulation) de l’impôt libératoire et de la taxe de stationnement pour les taxis et les moto-taxis ; ainsi que de la taxe de l’essieu au titre du deuxième trimestre. Cette mesure pourrait être étendue au reste de l’année 2020

Pour finir, l’Etat, à travers le ministre des finances Louis Paul Motaze, a mis 15 milliards de FCFA à la disposition des entreprises pour apurer les crédits de la TVA.

Toutes ces mesures visent un objectif principal que le Chef de l’Etat s’est fixé, à savoir le triomphe du secteur entrepreneurial face au Covid-19. Mais est-ce-que ces mesures, aussi intéressantes soient-elles, sont suffisantes pour sauver les entreprises en cette période ?

Insuffisances des mesures présidentielles et gouvernementales

L’Etat camerounais a certes de bonnes intentions quant à son désir de permettre aux entreprises de s’en sortir malgré les difficultés causées par la Covid-19, mais force est de constater que les mesures restent faibles.

Le Gicam a formulé dans une requête, un ensemble de mesures que le gouvernement était censé appliquer pour sauver efficacement ces institutions. Mais ce dernier, a choisi quelques points ; ceci entraînant alors la résolution des problèmes dans certains secteurs au détriment des autres.

L’un des secteurs qui reste fragilisé par cette crise est celui de l’import-export. Actuellement, quand un bateau arrive au port, il est soumit à une quarantaine de 14 jours. Ceci est d’une grande perte pour les secteurs stratégiques ou ceux des produits sensibles comme les intrants agricoles, les produits alimentaires finis et semi-finis et les produits pharmaceutiques. Ce qui fait vraiment problème avec cette aide c’est qu’elle ne tient pas réellement compte du secteur informel qui est le véritable moteur de l’économie camerounaise.

Ainsi, on se rend compte que l’Etat a surement permis que les entreprises puissent survivre face à la pandémie, mais beaucoup reste à faire car, nombreux sont les secteurs qui souffrent toujours.

Charles Bineli

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