le quotidien des camerounais sous le règne du virus

le masque, au même titre qu’une carte d’identité, est désormais un élément qui fait partie de la vie du camerounais.

Avec la confirmation du premier cas du coronavirus dans le pays le 6 mars dernier, les camerounais, sous les instructions du gouvernement, ont dû adapter leur quotidien en fonction de la crise sanitaire. Une attitude citoyenne nécessaire pour lutter efficacement contre la progression de l’épidémie.

Cependant, on observe encore beaucoup de cas d’indiscipline chez certains usagers, bien qu’étant informés de la dangerosité du virus. Pour faire face à ces nombreux cas d’incivisme observés, le gouvernement a prévu des mesures dissuasives à l’encontre de ces personnes

Nouvelles réalités auxquelles font face les camerounais

Il y a encore quelques semaines, les camerounais vivaient librement, allaient et venaient à leur guise sans un soucis majeur. Mis à part les problèmes du quotidien tels que la pauvreté, le chômage, la situation mouvementée dans le NOSO.

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la guerre qui oppose l’armée aux séparatistes, et les quelques rares attaques désespérées de la secte islamique Boko Haram dans le septentrion.

Malgré toutes ces situations alarmantes, les camerounais ont continué néanmoins de vaguer à leurs occupations.

Cependant, ils étaient loin de prévoir qu’un autre danger se profilait à l’horizon. Durant les semaines, élèves, étudiants, travailleurs et autres, allaient chaque matin à leurs affaires de manière normale et les lieux de loisirs étaient toujours bondés de monde. Lorsque les premiers cas de covid19 ont été signalés, le gouvernement camerounais par le biais de son premier ministre Joseph Dion Ngute, a rapidement annoncé de grandes mesures prises pour freiner la progression du virus. On note par exemple le respect des gestes barrières, le port obligatoire du masque pour toutes sorties hors de chez soi.

En effet, à l’image des autres pays, les déplacements au Cameroun se font dorénavant avec le port obligatoire du masque. Une situation totalement inédite pour les habitants de ce pays, car aucune crise sanitaire n’a jamais mené à cet extrême. Et pour pouvoir satisfaire la demande en masques, le Ministre Délégué à la Présidence Chargé de la Défense Joseph Beti Assomo s’est rendu à l’Atelier Central Couture de la Réserve Logistique des Armées et de la Gendarmerie pour exiger une augmentation significative dans la production.

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Et en plus, des couturiers se sont lancés dans la fabrication de ces pièces protectrices. Ainsi, le masque, au même titre qu’une carte d’identité, est désormais un élément qui fait partie de la vie du camerounais. L’autre mesure barrière qui est d’actualité, c’est la distanciation sociale.

Pour ne pas permettre une prolifération de l’épidémie, il a été demandé aux citoyens de garder une certaine distance l’un vis-à-vis de l’autre, soit au moins un mètre pour être plus précis. Dans le souci de rendre cette mesure applicable, le 17 mars, le Gouvernement a pris des décisions comme la fermeture des écoles jusqu’au 1er juin, des bars, des restaurants et des lieux de loisirs avant 18 heures. Le 30 avril dernier le gouvernement, sous hautes instructions du chef de l’État, a décidé de la réouverture de ces espaces après 18 heures avec pour conditions que les gérants respectent cette distanciation.

C’est ainsi que, un bar ou un restaurant qui pouvait accueillir 200 personnes, devra baisser sa capacité de places afin que les clients soient à distance raisonnable. C’est aussi ce désir de créer un peu de distance entre les individus qui a conduit à la réduction, par le gouvernement, des places dans les transports urbains et interurbains.  Une décision qui a été revue car, selon des spécialistes, le port du masque dans ces lieux suffit amplement pour barrer la voix à la transmission du virus. Ceci étant, les camerounais sont désormais obligés de vivre l’un à bonne distance de l’autre sans contacts physiques ; afin de barrer la route à l’ennemis publique mondial numéro 1.

Mises à part les différentes mesures barrières mentionnées et développées plus haut, dans la vie des citoyens camerounais on observe un soudain grand intérêt pour le numérique.

Le 17 mars dernier, Dion Ngute, Premier Ministre chef du Gouvernement, annonçait les mesures interdisant les rassemblements de plus de cinquante personnes dans un lieu et la fermeture des écoles.  Ceci a créé une sorte de dysfonctionnement important dans des églises, des entreprises, des associations, des universités… Heureusement, une solution miracle était déjà là, mais peu étendue, pour résoudre ce problème : le numérique. Grace à cette merveille technologique, plusieurs personnes peuvent se réunir sur une plateforme en télé conférence, et échanger en toute sécurité. Tout le monde y trouve son compte.

Les étudiants suivent des cours en ligne, les associations débâtent sur des sujets stratégiques comme ce fut le cas pour le GICAM le 14 mai. Le cas religieux qu’on peut citer est celui de la communauté des Témoins de Jéhovah qui, grâce à la plateforme Zoom, a continué leurs études bibliques, ainsi d’autres obédiences religieuses. A travers ces nombreux exemples, on observe clairement que le numérique, aidé par la crise, commence à devenir un élément indispensable pour les citoyens. L’arrivée de la covid-19 au Cameroun a aussi ouvert une page triste dans la vie de certains citoyens.

Suite à la progression sans cesse grandissante du coronavirus, des personnes ont perdu leurs emplois. Avec cette situation terrible, ces nouveaux chômeurs sont abandonnés à eux-mêmes et incapables de pouvoir satisfaire leurs besoins vitaux et payer les factures. Une assistance du Gouvernement pas très poussée, lorsqu’on sait que les gouvernements des pays comme le Niger, le Sénégal ou même le Gabon ont pris en charge les factures d’eau et d’électricité sur une période. Somme toute, le quotidien du peuple camerounais est devenu morose à cause de ces modifications ; la plupart imposées par le gouvernement dans le souci de freiner l’avancée de la maladie. Cependant, ce n’est pas tout le monde qui respecte ces consignes et face à ceux-là, le Gouvernement se montre impitoyable.

Violation de consignes par certains individus et réplique du Gouvernement

Comme dans la plupart des pays du globe, au Cameroun, durant cette période, il y a ceux qui respectent les consignes et d’autres qui n’en font qu’à leur tête. Face à cette situation il est important de souligner que, certains le font par insouciance, tandis que d’autres par nécessité.

La première catégorie de personnes, les insoucieux, viole les mesures indiquées par le Gouvernement sans raisons valables et compréhensibles. C’est le cas, notamment, des individus qui sortent de leur domicile sans masques. Certains l’ont même, mais décident de ne pas le porter normalement. Une attitude très dangereuse car facilitant la transmission du virus d’une personne à l’autre. Ensuite, il y a toujours des individus qui ne respectent pas la mesure qui prohibe des rassemblements de plus de 50 personnes dans un lieu.

A cet effet, on peut observer plusieurs témoignages qui rapportent que des églises, des deuils et des réunions familiales continuent à regrouper plus de personnes qu’il n’en faut. C’est pareil pour la situation dans les débits de boissons et les lieux de loisirs. Malgré la prise d’engagement par les acteurs de ces secteurs de respecter certains gestes barrières, on note toujours dans ces lieux une activité dangereuse. Les gens qui y sont ne se trouvent pas à bonne distance l’un et l’autre, surtout même que de nombreux contacts physiques y sont perceptibles. L’autre catégorie de personne regroupe des citoyens qui se trouvent obligés d’aller à l’encontre des prescriptions de l’État, afin de survivre.

Beaucoup de camerounais vivent grâce à leurs propres activités, et à ce sujet une étude affirme que le secteur informel couvre environs 90% des forces actives. Ces derniers, qui comptent sur des bénéfices journaliers de leurs activités pour subvenir à leurs besoins, ne peuvent pas respecter la mesure du Gouvernement qui appelle à rester chez soi le plus possible.

C’est ainsi qu’ils sortent chaque jour, s’exposant au virus et mettant leurs familles en danger, sinon les factures ne seront pas réglées et les enfants n’auront pas de quoi manger. Face à cet entêtement des citoyens devant les restrictions imposées, le Gouvernement réagit durement, surtout pour la première catégorie d’individus.

Conscient du danger qui plane sur les populations, et au regard du laxisme de certains, le gouvernement a décidé de mener la vie dure aux personnes qui ne respecteraient pas les consignes d’urgence qui ont été mises en place. Annoncé par le Premier Ministre le 9 avril et entré en vigueur le 13 du même mois, le port du masque est désormais obligatoire pour ceux qui vont sur des places publiques. Par contre les personnes qui seront aperçues sans masques devront payer la somme de 6000 FCFA, tandis que les autres qui l’ont, mais ne le portent pas payeront une amende de 2000 FCFA. Dans le Mfoundi par exemple, le préfet Jean Claude Tsila veuille personnellement au respect de ces mesures dans son unité de commandement

. Les taxis et les mototaxis qui sont surpris avec une personne sans masque, chauffeurs ou passagers, sont directement envoyés à la fourrière municipale. De même, les bars et lieux de cultes qui ne respectent pas ces mesures barrières, sont scellés jusqu’à nouvel ordre. Car il est vrai que la mesure de fermeture des bars à l’heure de 18 heures a été levée, mais il y a encore des gestes à respecter. L’État camerounais essaye avec ses moyens de sensibiliser comme il peut les citoyens camerounais, pour que ceux-ci restent à l’abri des ravages que le corona virus fait dans le monde entier. Cependant, le virus continue paisiblement d’avancer de telle manière qu’actuellement la barre des cinq milles cas a été franchie.

Et malgré cette avancée spectaculaire, le gouvernement a mantenu la reprise des classes pour le 1er juin. Cette décision n’est-elle pas risquée lorsqu’on sait que le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint ? Mieux encore, comment éviter une contamination dans des écoles lorsqu’on sait que les salles de classes sont presque toujours surpeuplées et que la distanciation sociale est impossible ?

Charles Binelli

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