Christelle O ……C’DOUDEH !

C’est en chantant que m’est venue l’idée du nom de ma marque.

Christelle O. est une entrepreneuse française d’origine ivoirienne  basée en Bretagne. Elle est la fondatrice de l’atelier des crèmes glacées C’DOUDEH !  

Issue du monde bancaire, l’idée de créer C’DOUDEH !  lui vient en 2017 après qu’elle ait constaté le manque de diversité en terme de desserts dans la plupart des restaurant. Les desserts d’Afrique noire, bien que délicieux, étaient peu représentés dans les commerces.

Elle a donc commencé à élaborer ses propres recettes et associer de saveurs pour arriver à un mélange aussi audacieux que bon. Ses glaces sont une parfaite combinaison entre saveurs exotiques et européennes. 

Christelle O. nous a fait l’honneur d’échanger avec nous sur son activité et son parcours

Bonjour Christelle, tout d’abord qui êtes-vous ? 

Je me présente Christelle OULEA, je suis d’origine ivoirienne et la fondatrice de l’Atelier des crèmes glacées C’DOUDEH !

J’ai travaillé principalement dans le secteur bancaire dans différents domaines en commençant dans l’immobilier et ensuite j’ai évolué dans le domaine du marketing, communication et événementiel.  

Pouvez-vous nous présenter « C’Doudeh ! » comme si nous étions des futurs investisseurs ? 

Commençons par vous en dire un peu plus sur la marque C’DOUDEH !. C’est doux deh ! est une expression couramment utilisée en Côte d’Ivoire que l’on peut traduire par « C’est bon, c’est délicieux ». En France, nous le traduisons par « Miam, Miam ». 

J’ai donc choisi de créer la marque C’DOUDEH !  car le nom représentait bien les saveurs de mes produits. 

C’DOUDEH !  est une marque qui est la parfaite combinaison sucrée entre des saveurs exotiques et des saveurs européennes. Vous trouverez des crèmes glacées à base de fleur d’hibiscus, de mangue et de cacao de l’Afrique de L’Ouest. Notre atelier de fabrication est situé en Bretagne ainsi nous avons décidé de mettre en valeur l’Afrique et le Bretagne en proposant des saveurs mixées qui sont en vente directement à l’Atelier. 

En quoi ça consiste d’être entrepreneur ? 

Je définirai « l’entrepreneur » comme une personne qui fait évoluer une idée, un concept pour la transformer en une entreprise. L’entrepreneur a des compétences dans son domaine d’activité pour lui permettre d’évoluer dans un secteur et il doit s’adapter régulièrement aux évolutions, innovations du marché.  

L’entrepreneur doit savoir s’adapter à toutes les contraintes et savoir rebondir rapidement pour faire vivre son entreprise.  

Plus jeune, vous voyez-vous devenir entrepreneur ? Si non, que vouliez-vous faire comme métier ? 

J’ai toujours voulu entreprendre et cela s’est très vite vu dans ma manière de travailler. Je proposais toujours des nouvelles idées, des projets dans les métiers où j’ai pu évoluer. J’ai également intégré un pôle communication, événementiel où il était plus facile pour moi de laisser libre-court à mes idées.  

Je me suis juste posée la question, pourquoi ne pas me servir de cet avantage pour développer un projet et y consacrer le temps pour me former.  

Votre vision de l’entreprenariat : qu’est-ce que ça vous apporte, pourquoi vous êtes-vous lancé ?  

Avant de me lancer, ma vision de l’entreprenariat était idéaliste. Tout semblait simple et il était facile de devenir entrepreneur, juste à partir d’une idée. Après m’être lancée, ma vision de l’entreprenariat est réaliste et moins fantaisiste.

Il faut s’informer, se former, tomber et se relever, découvrir des nouvelles réglementations et surtout savoir rapidement s’adapter aux changements. Néanmoins, cette expérience me permet de faire connaître des saveurs africaines au plus grand nombre et faire découvrir les richesses des cultures différentes.  

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous implanter en Europe et pas en Côte d’Ivoire ou en Afrique plus largement ?  

Je me suis implantée en France par simplicité et par une connaissance du système pour la création d’une entreprise. J’ai eu l’occasion de me rendre en Côte d’Ivoire avant le lancement de la société et de découvrir le pays.  Mais ne vivant pas en Côte d’Ivoire toute l’année, j’ai préféré installer ma société en France. 

Les principaux challenges auxquels vous avez dû faire face dans la création de ton activité ? 

Mon 1er challenge était : 

  • D’apprendre un nouveau métier et de repartir à zéro.  
  • « L’imprévu » : la COVID 19 a fait rallonger les délais pour la réception de certains matériels, occasionnant ainsi du retard pour le lancement. Il a fallu que je m’adapte et trouve rapidement des solutions pour pouvoir ouvrir l’atelier. 

Mon deuxième challenge est de développer mon activité qui est naissante, et mon dernier challenge est de faire découvrir et faire connaître la marque C’DOUDEH !.  

Dans quelles circonstances avez-vous le plus appris sur l’entrepreneuriat ? 

J’ai appris en me trompant, en recommençant et surtout en m’écoutant. Créer une entreprise et notamment une entreprise dans l’agro-alimentaire n’est pas chose simple, il faut maîtriser son domaine d’activité mais pas seulement, il faut être bien informé des réglementations pour exercer son activité de manière sereine.  

« C’Doudeh ! » est actuellement votre activité principale génératrice de revenus ? Si non, que faites-vous parallèlement ?  

Oui, Je me consacre à mon atelier et à la confection des crèmes glacées.  

Quelle est votre meilleure anecdote dans votre parcours d’entreprenariat ? 

C’est en chantant que m’est venue l’idée du nom de ma marque. 

Être une femme, être noire : l’avez-vous perçu comme étant un frein ou ça n’a aucunement impacté votre business ?  

Je tente de me mettre aucun frein parce que je suis une femme ou parce que je suis noire.  J’ai toujours été bien accompagnée par les organismes qui m’ont suivi. Je ne vais pas me changer pour faire vivre mon business ainsi si une personne ne se fait pas à ce que je sois une femme ou que je sois noire alors il n’y aura pas de relation professionnelle.  

Avez-vous un mentor ou un modèle (entrepreneur ou non) ? Et pourquoi ?  

Je vais donc parler d’Hapsatou Sy car elle représente “l’entrepreneur” en mouvement qui sait créer et gérer une société en France mais aussi en Afrique.  

Depuis le lancement et avec le recul, diriez-vous que « C’Doudeh ! » est une réussite telle que vous l’aviez imaginé ? 

Non, je ne dirais pas qu’il s’agit d’une réussite mais je dirais plutôt que j’ai passé une étape pour le développement de l’entreprise.  

C'doudeh Atelier - Home | Facebook

Si vous aviez une lampe d’Aladdin, quels seraient vos 3 vœux ? 

Mon 1er vœu serait une meilleure représentativité des produits issus de l’Afrique noire dans les commerces traditionnels.

Mon 2ème vœu serait que la diversité, les différences de cultures soient mieux intégrées et comprises dans tous les domaines que ce soit la culture, la gastronomie, la musique etc … 

Mon 3ème vœu serait que l’Atelier des crèmes glacées soit à Abidjan .

Quelle était votre plus grande appréhension par rapport à l’entrepreneuriat ? 

Le manque d’accompagnement.  Souvent on se retrouve seule dans certaines étapes d’un projet et il faut taper aux bonnes portes pour réussir son projet ou concept.   

Avez-vous encore cette appréhension ? Si oui, comment faites-vous pour travailler avec ? Si non, comment avez-vous fait pour vous en débarrasser ? 

J’ai trouvé les bons partenaires pour m’accompagner, m’aider donc je n’ai plus cette appréhension. 

Avec le recul qu’auriez-vous fait différemment ? 

J’aurai peut-être fait des études dans l’agro-alimentaire dans ma phase de recherche de mon parcours professionnel et non dans l’immobilier. C’est un domaine qui me plait, qui m’intéresse et où j’apprends beaucoup et j’ai encore beaucoup à apprendre. 

Qu’aimeriez-vous que les futur.e.s entrepreneurs sachent par rapport à l’entrepreneuriat? 

Les futur.e.s entrepreneurs doivent savoir que le chemin vers l’entreprenariat n’est pas simple mais réalisable. Il y aura des cailloux, des trous voire des montagnes à franchir pour y arriver. Les moments de doutes sont nécessaires pour se repositionner et surtout savoir si on a la volonté pour continuer.  

Des erreurs vous allez en faire, de l’argent vous allez en perdre mais le courage et la volonté seront toujours là si vous avez bien ficelé votre projet. Le maitre-mot de l’entreprenariat pour moi est l’organisation et savoir prioriser. Il ne faut pas mettre de l’importance sur chaque sujet mais mettre l’importance sur une étape, l’a finalisé et ensuite passer à une étape. 

Le proverbe ou dicton qui vous suit et pourrait résumer votre mindset ?  

Si tu empruntes le chemin de « je m’en fous » tu vas te retrouver au village de « Si je savais ». 

Yann Elimbi

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