Rencontre avec Gaëlle Laura Zambou Kenfack, la promotrice de la marque Kenza Market

Dans un premier temps, j'ai voulu juste promouvoir le made in Cameroon auprès de la diaspora vivant en occident et au Cameroun. Mais au fil du temps, on s’est rendu compte que le besoin du prêt à cuisiner était aussi présent au Cameroun.

Si l’envie de rentrer investir en Afrique semble être une décision souvent difficile à prendre pour beaucoup des africains de la diaspora. Le choix ne se pose pourtant pas auprès de certains, bien que bardés de diplômes, avec des perspectives de vie plutôt reluisantes en occident ont quand même fait le pari de retourner dans leur pays d’origine. Des retours parfois mitigés selon les expériences des uns et des autres. Mais il n’en demeure pas moins que certains parviennent à s’en sortir parfois au-delà de leurs espérances. 

Des succès construits à la suite de nombreux sacrifices et de résilience à chaque fois. Parmi ces profils des camerounais qui ont répondu favorablement à l’appel du pays et qui ont réussi dans leur reconversion, on retrouve Gaëlle Laura Zambou Kenfack. Il y a encore quelques années, l’ingénieur en télécommunication travaillait pour l’un des géants mondial de l’automobile en Allemagne BMW. Malgré un emploi stable et une rémunération conséquente, elle tourne le dos à son ancienne vie pour venir recommencer une nouvelle au Cameroun en lançant le projet Kenza Market. Une aventure entrepreneuriale qui n’a toujours pas été un long fleuve tranquille, mais qui aujourd’hui lui permet d’être à la tête d’une jeune entreprise qui emploie de nombreuses personnes. Son emploi du temps étant très chargé, la cheffe d’entreprise a néanmoins accepté volontiers répondre à quelques questions de Jeunesse du Mboa. 

Qui est Gaëlle Laura Zambou Kenfack ?

Je suis la promotrice de la marque KENZA MARKET qui fait dans la production et la distribution des produits made in Cameroon. 

Vous faites partie de ces camerounais de la diaspora qui ont décidé de rentrer pour investir au pays. Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre cette décision ?

Il est de notre devoir de rentrer dans nos pays respectifs pour apporter notre savoir-faire pour le développement de notre pays. Les jeunes ont besoin d’apprendre de nous. En occident on apprend énormément de choses. Il serait dommage de ne pas le partager avec notre communauté. 

Comment s’est déroulé votre dernier jour de travail avant de prendre l’envol vers votre nouvelle destinée ?

J’ai tout simplement  demandé une année sabbatique au boulot pour facilement me déplacer. Je n’y suis plus retournée sauf pour les vacances. 

Alors que beaucoup n’osent pas souvent entreprendre au pays à cause de certaines difficultés parfois d’ordre administratif ou liés à l’activité en question. Est-ce qu’ à un moment vous avez eu aussi quelques craintes ? 

Bien évidemment que tout entrepreneur traverse à un moment donné des  périodes difficiles. 

Ingénieur en télécommunication chez BMW en Allemagne. Vous décidez de mettre un terme à votre prestigieuse carrière pour entreprendre dans l’agro-alimentaire. Pourquoi spécifiquement ce choix ?

J’ai toujours été passionnée par L’agro-alimentaire ayant travaillé une dizaine d’années dans le domaine de l’automobile, il fallait que je choisisse un autre domaine si je voulais rentrer, car dans mon pays je savais qu’il y avait pas de débouchés dans ce secteur d’activité qui est l’automobile. En occident la consommation locale était très prisée, je me suis dit pourquoi ne pas promouvoir nos produits comme les occidentaux le font ? En 2015, il était quasiment impossible de trouver les produits locaux emballés comme de nos jours. Le made in Cameroon a pris son envol et j’en suis très fière. 

Vous mettez sur pied la marque Kenza Market. Quelle est sa spécialité ? 

Dans un premier temps, j’ai voulu juste promouvoir le made in Cameroon auprès de la diaspora  vivant en occident et au Cameroun. Mais au fil du temps, on s’est rendu compte que le besoin du prêt à cuisiner était aussi présent au Cameroun. Nous avons donc décidé de diversifier nos activités en proposant entre autres les services de Livraison à domicile, accompagnement en nutrition, transformation agro-alimentaire (légumes séchés , fruits séchés, épices, tisane, etc

Aujourd’hui l’enseigne Kenza Market c’est une série de petits shop présents dans quelques villes du Cameroun. Sur le long terme vous pensez passer à la grande distribution ? 

Nous travaillons sur des franchises partout, mais aussi avec des partenaires.

À votre actif vous comptez combien de collaborateurs ? 

Une vingtaine avec beaucoup de personnes en temps partiel

On a toujours reproché aux produits locaux d’être chers et parfois pas toujours de bonne qualité par rapport aux produits importés. Pensez-vous aujourd’hui que les camerounais n’ont plus le complexe de payer le prix fort pour consommer un produit made in cameroon?

Étant donné que la production made in Cameroon n’est pas encore industrielle, les prix sont bien évidemment plus élevés mais de meilleures qualités. 

Comme beaucoup d’entrepreneurs qui ont dû faire face à la crise de la Covid-19. Quelles leçons avez-vous retenues de cette expérience ?

Nous avons retenu que les boissons chaudes sont importantes pour notre santé et qu’on devrait consommer ce qu’on produit pour faire face à des pénuries de produits que nous importons.

L’industrialisation vous y pensez souvent ? Si oui c’est réaliste ou juste de l’utopie ?

On y pense pas encore parce que nous sommes dans la phase de découverte des produits locaux. Les  camerounais n’ont pas encore pris conscience de l’importance de la consommation locale.

La plupart de personnes qui se lancent dans l’entreprenariat finissent par abandonner au bout de quelques années. Quel est le secret de votre longévité?

La persévérance, la maîtrise du secteur d’activité dans lequel on se lance et le bon travail.

Charles Binelli

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