Fête de la jeunesse 2022 : le fer de lance de la Nation appelé à se montrer volontaire face aux grands défis de la nation

Une invitation louable qui ne saurait s’arrêter juste qu’aux mots. Lorsqu’on connaît les frustrations auxquelles la plupart des jeunes font face malgré leur volonté de vouloir mettre au service de leur pays leur savoir-faire.

La 56 ème édition de la fête de la jeunesse se célèbre cette année sous le prisme de la promotion du volontariat auprès des jeunes camerounais. 

Chaque 11 février, la jeunesse camerounaise est interpellée sur le rôle qu’elle doit jouer dans la construction et le développement du Cameroun. Les attentes sont grandes notamment, sur les droits et les devoirs qu’elle a vis-à-vis de la nation, même si parfois elle a le sentiment de ne pas se faire entendre assez ou prise en considération au sein des instances de décision. Sur ce point, elle n’a pas tort d’exprimer sa colère. Mais d’un autre côté, elle n’est pas aussi exempte de tout reproche au regard des comportements qu’elle affiche. Et l’une des problématiques sur laquelle elle est questionnée cette année, c’est celle sur le volontariat. Une attitude qui est de moins en moins partagée dans leur environnement, quand bien même les moyens sont disponibles. Et ce n’est pas anodin si la thématique de cette année va justement dans ce sens pour attirer leur attention, et surtout ouvrir le débat en abordant le sujet « Jeunesse et participation volontaire aux grands défis du Cameroun ». Au-delà des festivités qui entourent le déroulement de cet événement de nombreuses activités à caractère pédagogique seront organisées dans l’ensemble du pays.

Les chantiers sont énormes et la jeunesse camerounaise doit s’impliquer. C’est le message que le gouvernement veut faire passer auprès de sa jeunesse pendant la journée qui leur est dédiée. Le fer de lance de la nation comme on la surnomme doit œuvrer pour le rayonnement du Cameroun, elle doit travailler avec dignité avec un esprit patriotique pour le bien de tous. Une invitation louable qui ne saurait s’arrêter juste qu’aux mots. Lorsqu’on connaît les frustrations auxquelles la plupart des jeunes font face malgré leur volonté de vouloir mettre au service de leur pays leur savoir-faire. Avec les goulots d’étranglement à tous les niveaux, manque de financement pour monter un projet, les guerres entre génération… Autant de choses qui ont rendu une bonne partie de la jeunesse très méfiante, surtout des discours venant du gouvernement. 

Face à la presse le 27 janvier dernier, le ministre de la jeunesse et de l’éducation civique Mounouna Foutsou a dévoilé les grandes lignes et les nouveautés qui vont marquer la 56 édition  de la fête de la jeunesse qui s’annonce en grande pompe. Comme nouveauté, il a annoncé la mise en place du projet national d’éducation civique de réarmement moral. Un cadre d’expression et de débats autour des sujets comme le volontariat, l’éducation civique et l’insertion socio-professionnelle des jeunes. L’atelier va réunir le personnel du ministère de la jeunesse et de l’éducation civique et les jeunes. Ensemble, ils vont échanger sur comment mettre en place les stratégies qui vont pousser les jeunes à prendre fait et cause de la gestion de la république. 

Deux autres grandes innovations sont à l’ordre jour, et par des moindres. Le ministre de la jeunesse et de l’éducation civique a aussi annoncé la création d’un conseil municipal pour jeunes, ainsi qu’une chambre des sénateurs juniors. Deux nouvelles entités qui viennent rejoindre celle des députés juniors qui existe depuis des années. Quant aux modalités de désignation des personnes qui vont faire partie de ces deux chambres, aucune information n’a été donnée. De quoi susciter les interrogations autour des profils qui seront choisis, lorsqu’on sait que la plupart du temps, ces postes sont réservés en majorité aux enfants de l’élite gouvernante. L’autre bonne nouvelle, c’est le retour des parades sur la voie publique après deux années d’interruption à cause de la Covid-19. Celles-ci ne vont plus avoir lieu comme à son habitude avec beaucoup de monde. Conscient de la menace du virus qui plane toujours, le gouvernement a opté pour les carreaux réduits des participants. En privilégiant plutôt l’organisation du défilé dans chaque quartier pour éviter un grand rassemblement sur un seul lieu. 

Lorsqu’on analyse la thématique de cette année, on se rend compte qu’ au fond il n’y a pas de véritable nouveauté. Hormis le fait de rappeler ce que certains camerounais font déjà depuis des années. On peut comprendre les motivations du gouvernement qui est aujourd’hui face à des situations dont il n’a plus le contrôle. Cependant, beaucoup n’ont pas attendu le mot d’ordre des autorités pour montrer qu’ils voulaient participer au développement de leur pays. Cela s’est fait spontanément. Parfois à l’abri des regards, et ce n’est que lorsque les médias internationaux ont commencé à parler de leurs exploits que les gens ont commencé à s’intéresser à leur activité. C’est le cas par exemple des jeunes comme d’Arthur Zang avec son CardioPad, Olivier Madiba avec sa start-up de jeux vidéo, Cedric Atangana avec WeCashup et bien d’autres entrepreneurs qui font aujourd’hui font honneur au Cameroun partout dans le monde. Au-delà des discours qui se suivent année après année, la fête de la jeunesse devrait être une journée pour faire le bilan de la jeunesse en termes de projets réalisés, célébrer ceux qui ont eu l’audace d’entreprendre afin d’inspirer les autres.

Ainsi, la fête de la jeunesse aura tout son sens. Le débat est bien lorsqu’il fait avancer les choses. Nous sommes aujourd’hui à la 56 édition de la fête de la jeunesse. Fait-on souvent un bilan sur l’impact de chaque édition auprès des jeunes ?

Charles Binelli

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