PAGG : le partenariat historique dans l’univers du jeu vidéo en Afrique

Les études de la banque mondiale ont prouvé que d’ici 2025, le marché du jeu vidéo en Afrique est susceptible de prendre le dessus sur celui de la chine. Avec plus de 400 millions d’utilisateurs de smartphones connectés en Afrique, le PAGG à une opportunité de dominer le marché du jeu vidéo en Afrique.

Studios de développement de jeux vidéo indépendants et éditeurs d’Afrique main dans la main. Plus qu’un rêve, c’est une réalité qui vient de se concrétiser, à l’initiative des différents acteurs du secteur qui ont œuvré pour cela. Dont Olivier Madiba, CEO de Kiro’o Games. Jusqu’ici les deux entités travaillaient séparément, aujourd’hui elles ont trouvé le moyen de mutualiser leurs efforts à travers ce partenariat historique jamais réalisé jusqu’à ce jour dans l’univers du jeu vidéo en Afrique. En mettant sur pied une plateforme panafricaine qui réunit les dix meilleurs studios de jeux vidéo et maisons d’édition dénommée Pan Africa Gaming Group (PAGG). Le groupe est composé de neuf pays africains ( Afrique du Sud, Sénégal, Cameroun, Ghana, Tunisie, Ethiopie Kenya, Tanzanie, Rwanda) et d’un collectif de la diaspora africaine.

Lancé lors de l’Africa Games Week 2022 au Cap, le groupe a pour objectif de faire croître l’industrie du jeu en Afrique de 2x chaque année en raison de la croissance rapide des jeunes équipés de smartphones connectés à Internet sur le continent.

Le groupe, qui représente 10 pays africains, comprend les studios suivants : 

PAGG sera dirigé par un Conseil des fondateurs réunissant plusieurs des plus grands entrepreneurs du jeu sur le continent. Ils seront rejoints par Peter Kihara (ex-Goldman Sachs et PWC), qui sera le directeur financier du groupe, et Jake Manion (nommé par le BAFTA directeur de jeu chez Aardman Animation au Royaume-Uni), qui sera le directeur créatif du groupe.

Chaque studio conservera sa souveraineté et son autonomie en ce qui concerne notamment la marque, la direction et l’indépendance financière. Les fondateurs travailleront ensemble en collaboration, en votant pour ou contre les propositions et les résolutions présentées au Conseil des fondateurs.

Selon Dawit Abraham, PDG de Qene Games (Éthiopie) et porte-parole de PAGG, le réseau a été créé pour permettre à l’industrie africaine du jeu de débloquer le prochain milliard de joueurs dans le monde.

La mise en place de cette plateforme panafricaine va permettre à toutes les personnes qui interviennent dans la chaîne de valeur du jeu vidéo, de jouer pleinement leur rôle afin de booster la consommation des contenus locaux. On a d’une part les studios de jeux vidéo qui seront chargés exclusivement de la partie conception et d’autre part les maisons d’édition qui vont prendre en charge la publication et la diffusion des jeux vidéo. C’est le cas notamment de Gara et AfroComix, deux des plus grandes plateformes africaines de publication de bandes dessinées électroniques qui font également partie de ce réseau. Grâce à l’utilisation de ses deux canaux de distribution, le PAGG a la possibilité de toucher un large public déjà connecté à ces boutiques digitales où les modes de paiement se font par carte de crédit ou par l’argent mobile. 

Il est aussi question pour le PAGG de créer des opportunités d’emplois pour les jeunes africains qui sortent chaque année des écoles de développeurs. Bien accompagnée, cette ressource humaine sera à mesure de proposer plus de contenus originaux. Ce qui n’est pas encore actuellement, car il manque encore beaucoup de contenus locaux et pertinents en Afrique selon Jack Manion, directeur de création PAGG. C’est aussi l’une des motivations du groupe qui compte déjà  près 200 employés et a produit jusqu’à ce jour 100 jeux pour plus de 270 millions de jeunes. Conscient de l’évolution croissante du marché du jeu vidéo en Afrique, l’ambition est d’atteindre le milliard de joueurs sur mobile, PC et consoles.

L’une des problématiques qui a toujours fait défaut dans l’univers des jeux vidéo en Afrique, c’est celle de la distribution à grande échelle. La plupart des jeux conçus sur le continent n’ont jamais bénéficié d’une grande visibilité auprès de leur cible, contrairement aux jeux vidéo étrangers. Un constat amer qui démontre l’impuissance des productions locales face aux entreprises mieux structurées qui trônent sur le marché du jeu vidéo dont les revenus sont estimés à plus de 200 milliards de dollars au niveau mondial. Mais il y a encore d’énormes possibilités à faire pour changer cette tendance. Les études de la banque mondiale ont prouvé que d’ici 2025, le marché du jeu vidéo en Afrique est susceptible de prendre le dessus sur celui de la chine. Avec plus de 400 millions d’utilisateurs de smartphones connectés en Afrique, le PAGG à une opportunité de dominer le marché du jeu vidéo en Afrique. 

Charles Binelli

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