LAB’L : J’ai une vie ordinaire et une vie extraordinaire

Pour mon premier album c’était juste le talent qui s’exprimait j’étais en mode « coucou me voici regardez-moi je sais chanter» . Maintenant on sait que j’existe et maintenant je reviens avec un esprit différent

ETERE ABEGA MARIE HELENE est une jeune femme passionnée par la musique te à la voix envoutante. En 2014, elle se révèle au public au travers de son tube à succès « ma ve won gan ». Très vite, elle a le vent en poupe puisque le public est littéralement sous le charme de sa voix et ses textes poignants. Mais en 2016, elle se retire brusquement de la scène musicale après une période de maladie et le public n’ a cessé depuis lors de ce questionner sur ce départ précipité?  Récemment en séjour au Cameroun pour annoncer la sortie imminente de son deuxième album, Lab’l puisqu’il s’agit d’elle s’est confier à cœur ouvert à jeunessedumboa. Sa carrière, sa maladie, son succès, son départ et son coming back etc. découvrez Lab’l la femme ordinaire à la voix extraordinaire. 

Bonjour Lab’l merci de nous accorder de votre précieux temps. On connaît Lab’l l’artiste à la voix envoûtante et suave, mais on aimerait savoir qui se cache derrière cette voix.

Merci à vous pour l’intérêt que vous me portez. Lab’l c’est d’abord Marie Hélène ensuite Lab’l et non l’inverse. Donc Lab’l c’est une femme, c’est une mère et c’est une artiste.

Je mène cette triple vie (rire) si je puis le dire ainsi. Je suis une personne ordinaire d’un côté et une personne extraordinaire de l’autre côté.

Parlez-nous de vos débuts dans la chanson. Quand avez-vous su que c’est ce que vous vouliez faire et comment c’est passé pour qu’on connaisse aujourd’hui Lab’l ? à quel moment c’est produit le déclic ?

On ne peut pas se lever un matin et chanter comme Lab’l. Je chante depuis que je suis toute petite par le biais de ma grand-mère qui était une animatrice de regroupement. Elle était choriste et auteur de plusieurs mélodies. Je passais mes vacances au village et chaque fois que ma grand-mère avait des chansons à proposer à ses associations, elle les répétait avec moi. Au départ je le faisais comme une corvée parce que je trouvais cela agaçant et ce n’était pas du tout ce que je voulais faire à l’époque. Mais je pense qu’elle avait déjà cette chose là en moi. A 14 ans, j’intègre un groupe de rap au lycée, je chantais dans les kermesses.

J’ai essayé une chorale au lycée de Nkolndongo mais c’était juste pour des évènements, ce n’était donc pas permanent. Pendant mon adolescence  j’ai fait des concours de musique comme Star de demain avec les verushka, prosby, ébène qui sont mes promotionnaires de star de demain, et pleins d’autres concours. Après cela j’ai laissé tomber la musique mais j’écoutais toujours. Tout commence en 2013. Je suis déjà une femme, je voyage, j’ai une vie pleine. J’avais fais un duo avec MERVEILLO’O sur le titre « MON ».

Puisque je vivais déjà à l’étranger, il a dû trouver une autre fille pour le clip.  En revenant  au Cameroun pour mes vacances, je trouve que la chanson est très appréciée et je me dis que si ça plait au public c’est que j’ai quelque chose à donner. Encouragé par mon entourage je vais en studio enregistrer un titre « ma ve wo ngan » histoire de tâter le terrain. D’ un titre on est allé à deux, puis trois et à la fin je me suis retrouvé avec un album de 10 titres. Début 2014 je fais les clips. Au départ j’avais misé sur le titre « MY WAY », j’avais mis le paquet au niveau des sonorités, de la voix, de l’originalité mais à chaque fois que je donnais le CD à une personne, c’est « MA VE WO NGAN » qui ressortait et elle s’est imposée tout seul. 

Dans  votre premier album, il y a une chanson « mading wa » qui a également fait un carton. Moi particulièrement j’ai une histoire avec cette chanson mais vous ne parlez de cette chanson avec autant d’engouement que « MY WAY » et « MA VE WO NGAN ». qu’est ce qui explique cela ?

Là je parle en  tant qu’artiste, techniquement  « ma ve wa ngan » c’est « mading wa » c’est la même chanson. L’arrangement et les notes sont les mêmes. Donc musicalement parlant si tu écoutes « ma ve wa ngan » tu écoutes « mading wa ». Cette chanson est l’un de mes meilleurs clips et j’ai beaucoup été sollicitée pour cette chanson. Ce n’est donc pas que je ne l’aime pas mais pour moi elle n’a pas ce truc en plus que j’ai mise dans les autres. Je parle plus des chansons qui ont une histoire assez particulière qui fait que j’ai beaucoup à dire. « my way » a une originalité remarquable et « ma ve wo ngan » a une magie qu’on retrouve pas partout.

Quand on écoute ton premier album, on remarque ton penchant pour le gospel. Pourquoi ce choix ?

Ce n’est pas que je penche plus pour le gospel c’est le gospel qui s’est imposé à moi. Les titres « ma ve won gan », « my way », « dzu ma » et « duma » se sont imposés à l’album. Dans l’album, je chante l’amour sous toutes ses formes, avec le copain, la famille etc  mais les chansons dans lesquelles je parle de Dieu ont plus retenus  l’attention. Ma particularité c’est que quand je chante je transmets des émotions, ma voix interpelle l’âme des gens et il n y a rien qui interpelle plus l’âme d’une personne que la spiritualité. Lorsque tu arrives à connecter les gens , leur âme au message que tu passes dans ta musique ça fera toujours la différence .

En 2016, les chansons « Duma » et « DZUMA » sortent après votre maladie, est ce que cette chanson a un lien direct avec cette période de votre vie ?

Effectivement. Ces chansons ne faisaient pas partie de l’album au départ. Mais lorsque je sors de ce traumatisme sanitaire, je me sens miraculée. Si ce n’avait pas été la main de Dieu sur moi je ne serais plus de ce monde. Sur mon lit d’hôpital, lorsque j’étais en réanimation j’ai senti  que le seigneur me donnait  une chance de vivre à nouveau. L’argent ne manquait pas pour me soigner, les gens ne manquaient pas, le soutien ne manquait pas, il y avait tout sauf la vie et seul Dieu peut donner la vie. Au sortir de là je n’avais qu’une seule envie c’était de magnifier le seigneur, lui rendre grâce. Cette chanson est un témoignage, c’est mon témoignage. Cette chanson faisait au moins trois pages, elle parlait de tout ce que j’avais vécu jusque là, on a dû la raccourcir en studio.

Concernant votre maladie beaucoup de rumeurs laissaient croire à un empoissonnement pour certains et au mystique pour d’autres. Qu’en était-il réellement ?

Je vis dans un monde où le mal existe et je suis consciente de cela. J’ai entendu beaucoup de « on dits » disant que j’avais « trempé » et que c’était le « retour », on m’a « vendu », empoisonnement et autres. A l’hôpital, les médecins ne m’ont jamais dit que j’ai été empoisonné. Aucun prêtre ne m’a dit qu’une personne malveillante avait posé sa main sur moi. Les médecins m’avaient dit que j’avais atteint un niveau de détresse extrême qui n’était plus normal. Quand j’arrive en 2013 , je ne connais personne.

Puisque la chanson avec Merveillo’o le boss avait été un succès, je voulais voir si le public allait l’apprécier et aimer ce que j’avais à proposer. C’était un coup d’essai sauf que le coup d’essai est devenu un coup de maître. J’ai atterri parmi les maîtres sans y être préparé et personne ne m’avait d’ailleurs vu venir. C’était un peu comme un joueur de football qui en jouant le « 2-0 » dans son quartier se retrouve à jouer une CAN avec l’équipe nationale comme ça d’un coup. C’était beaucoup de choses, de pressions , d’émotions à gérer d’un coup. 

Après la sortie de « Duma » et « Dzuma », j’ai décidé de me retirer volontairement, de faire une pause. Une maladie est un mal qui nous parle, qui nous dit des choses. Il fallait que je me coupe d’abord de tout pour sauver ma vie et prendre soin de moi. La musique je pourrais la faire même avec une dent dans la bouche comme les Anne Marie Ndzié l’ont fait. J’avais besoin d’aller loin, me poser, prendre soin de moi et retrouver mon équilibre et ce n’est pas ici au Cameroun que je pouvais le faire.

En dehors de la musique, avez-vous d’autres activités professionnelles ?

J’ai toujours été assistante administrative de profession. Je travaille tous les jours et le week-end je vais faire de la musique. Je suis également femme d’affaire.

Entre la musique, le travail, la maman et la femme, comment arrivez-vous à gérer tous ces roles au quotidien de façon harmonieuse ?

C’est beaucoup de travail comme je vous l’ai dit j’ai une vie ordinaire et une vie extraordinaire. Être une artiste qui se maintient continuellement à travailler, ça n’a rien d’ordinaire. Mais ma base c’est Marie Hélène. Si Marie Hélène est stable alors Lab’l l’est aussi. 

Vous êtes au Cameroun pour préparer le terrain de votre prochain album. Que pouvez-vous nous dire sur cet album ?

Ce sont des surprises. La direction artistique que j’ai prise est différente de ce que le public qui me connait et me suit attend de moi. Je vous rassure que les textes sont les  mêmes, j’ai gardé le même esprit, je parle de l’amour.

Pour mon premier album c’était juste le talent qui s’exprimait j’étais en mode « coucou me voici regardez-moi je sais chanter» . Maintenant on sait que j’existe et maintenant je reviens avec un esprit différent, une direction artistique différente afin qu’on puisse mieux me situer et me casser musicalement parlant. Je veux faire la différence, je suis une tête et non une suiveuse raison pour laquelle je ne veux pas faire comme tout le monde. Je veux qu’on pense à moi lorsqu’il s’agit de marquer les esprits.

Avez-vous collaborez avec des artistes camerounais ou africains dans cet album à venir ?

Non. Pas que je ne veuille pas mais la collaboration avec les artistes implique beaucoup de paramètres et moi je respecte beaucoup les artistes. Je ne suis pas encore prête à remplir les conditions nécessaires pour une collaboration.  Pour l’instant je suis au rez -de -chaussée de ma carrière et mon énergie je la focalise sur comment me construire. 

Avez-vous  des projets à l’avenir en dehors de la musique ?

La musique c’est d’abord une passion ensuite un gagne pain. Mon argent c’est ma voix et c’est là qu’est ma richesse. Je me suis amusée avec autre fois mais plus maintenant. J’ai mûri, j’ai grandi et sais maintenant comment les choses fonctionnent. Pourquoi je vais passer à côté de ça ? Donc mes projets c’est développer mon art, vivre de mon art. il faut que je puisse être fière de moi, ma famille, mes amis et pour cela je dois travailler ardemment.

Quels sont vos vœux par rapport à cet album qui arrive ?

J’attends que mon public me soutienne. Mon public d’abord avant d’acquérir un autre. Peut être que je vais perdre ce public là parce que oui j’ai pris énormément de risque. Mais après tout on peut chanter comme un ange mais c’est le public qui de vous un grand artiste reconnu. Donc j’attends beaucoup de ma fan base, leur soutien, leur compréhension, leur patience. 

Nadia Edzengte

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