Francine Tankeu, la Lauréate

Mes travaux actuels visent à démontrer le potentiel d’une plante camerounaise à pouvoir servir pour le traitement des leucémies

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Francine TANKEU originaire de la région de l’Ouest-Cameroun. Cinquième née d’une fratrie de sept enfants, je suis doctorante en Biochimie à l’Université de Yaoundé I- Cameroun. Mes travaux de recherche porte sur l’étude des propriétés anti-leucémiques d’une plante Camerounaise ‘Syzygium guineense dont les fruits sont utilisés comme épice pour la confection de certains plats locaux. Ils visent à démontrer le potentiel de cette dernière à servir comme source naturelle pour le développement de nouvelles molécules contre les leucémies myéloïdes aiguës et chroniques et d’une manière plus globale à servir comme base pour la formulation d’un médicament traditionnel amélioré.

Vous êtes lauréate du prix Jeune Talent du programme « Pour les Femmes et la Science Afrique Subsaharienne » de la Fondation L’Oréal et de l’UNESCO, que signifie cette sélection pour vous ?

Le prix Jeune Talent du programme « Pour les Femmes et la Science Afrique Subsaharienne » de la Fondation L’Oréal et de l’UNESCO est avant tout une reconnaissance. Elle me permet de réaliser que mon travail peut-être une contribution effective au problème du cancer. C’est un grand honneur de se savoir citée parmi ces femmes qui se sont distinguées par leurs travaux. Au-delà de la reconnaissance.C’est un soutien, un appui financier considérable qui me permettra justement de poursuivre ce vaste projet qui vise à apporter une modeste contribution au problème du traitement de la leucémie surtout en Afrique.

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier la Biochimie ?

Mon rêve de petite fille était de devenir médecin pour contribuer à soulager les souffrances des patients. N’ayant pas réussie aux concours d’entrée dans les différentes facultés de médecine de mon pays, je me suis réorientée en Biochimie pour pouvoir me servir de cette science fondamentale pour résoudre les problèmes de santé publique.

Quels sont les enjeux liés à la Biochimie à ce jour en Afrique ?

La Biochimie trouve ses enjeux face aux nombreux problèmes auquel le continent africain fait justement face en l’occurrence les problèmes de santé.

Cette discipline doit cesser d’être des enseignements théoriques et devenir une expertise qui permette de trouver des solutions concrètes aux problèmes des africains. Face au problème de nutrition par exemple elle peut servir à travers les procédés de transformation à éviter les pertes d’aliments rapidement périssables.

Elle peut également servir non seulement au niveau de la compréhension des bases moléculaires des maladies pour permettre d’établir des données propres aux populations africaines mais aussi au niveau du traitement en permettant de développer la médecine traditionnelle

Sur un continent où règne la médecine traditionnelle pensez-vous qu’il y’ait une place véritable pour la Biochimie ?

Oui, la Biochimie doit justement servir à valoriser et développer cette médecine traditionnelle. En apportant des preuves scientifiques qui soutiennent ces connaissances empiriques et qui permettront d’assurer une utilisation optimale et surtout sécurisée des médicaments traditionnels et surtout permettre leur transformation.

Existe-t-il une relation entre Biochimie et plante ?Si oui quelle est-elle ?

Oui il existe une relation étroite entre Biochimie et plante. Elle se définit comme étant la science à l’interface de la biologie et de la chimie.L’étude de cette discipline permet d’acquérir entre autres des connaissances qui expliquent les bases moléculaires des maladies d’une part et d’autre part étudie la nature des composés biologiquement actifs présents dans les plantes.Ce qui permet d’exploiter ces dernières comme des potentielles sources naturelles de composés bio-actifs pouvant contribuer au traitement de nombreuses pathologies

Parlez-nous de vos travaux en cours, quels sont-ils ?En quoi consistent ils ?

Mes travaux actuels visent à démontrer le potentiel d’une plante camerounaise à pouvoir servir comme source naturelle de nouvelles molécules pour le traitement des leucémies myéloïdes chronique et aigue. Ils consistent à tester sur un modèle animal de leucémie myéloïde aigue (xénogreffe) les extraits de cette plante et à évaluer leur capacité à faire régresser le volume tumoral.

Egalement, à mener parallèlement des études toxicologiques sur des animaux pour s’assurer que leur utilisation serait sans danger. Ces travaux font suite à des résultats préliminaires sur les lignées de cellules de leucémie aigüe qui ont montré que ces extraits peuvent être candidats au développement des médicaments contre la leucémie myéloïde aigue. myéloïdes chronique et aigue.

Leucémie : symptômes, traitement, définition - docteurclic.com

Ils consistent à tester sur un modèle animal de leucémie myéloïde aigue (xénogreffe) les extraits de cette plante et à évaluer leur capacité à faire régresser le volume tumoral.

Egalement, à mener parallèlement des études toxicologiques sur des animaux pour s’assurer que leur utilisation serait sans danger. Ces travaux font suite à des résultats préliminaires sur les lignées de cellules de leucémie aiguë qui ont montré que ces extraits peuvent être candidats au développement des médicaments contre la leucémie myéloïde aigue.

Être Jeune Talent L’Oréal-UNESCO, que cela signifie-t-il pour vous ? Quelles sont les opportunités obtenues pour vous et vos travaux à ce jour suite à ce prix ?

C’est avant tout une grande reconnaissance scientifique et un appui financier considérable. Parlant des nouvelles opportunités à nos jours, au sens strict du terme je n’en ai pas encore obtenue mais je peux déjà affirmer que j’ai gagné énormément en visibilité.

J’ai été invitée récemment en tant que lauréate de ce prix au panel de discussion qui a eu lieu à la suite de la mini sortie du nouveau film documentaire de la fondation l’Oréal «  femmes et sciences en Afrique : une révolution silencieuse » au Cameroun ce qui permet d’être davantage connue mais surtout de rencontrer de nouvelles personnes  et je pense que dans un avenir très proche ce nouveau réseau scientifique débouchera sur de nombreuse autres opportunités.

Comment financez-vous vos recherches?

On peut suivre l’évolution de mes travaux sur Researchgate, à travers les publications scientifiques et les réseaux sociaux (Linked In, Twitter) et auprès de l’administration de mon Université (l’Université de Yaoundé I- Cameroun)

Quel est votre message pour la jeunesse Africaine ?

Je dirai à la jeunesse Africaine qu’elle doit travailler dur ; elle est certes contrainte d’aller à la quête de l’expertise nécessaire au développement du continent hors du continent mais une fois qu’elle l’a acquise, elle doit retourner la mettre au service du développement de cette Afrique qui fait face aujourd’hui encore à une multitude de problèmes élémentaires. 

C’est à nous jeunes Africains qu’incombe la tâche de trouver des solutions adéquates, qui répondent à nos réalités socio-culturelles pour améliorer les conditions de vies de nos populations.

Catherine Assogo

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