8 mars : Des avancées loin de faire encore l’unanimité

Aujourd’hui, les femmes ont conscience que leur destin dépend de leur volonté, mais surtout de leur capacité à faire pression pour obtenir gain de cause. Elles investissent donc à travers les associations pour impulser une nouvelle dynamique en mettant en avant leur savoir-faire dans le but de déconstruire les clichés, les préjugés sur le potentiel réel de la femme.

Bien que des progrès aient été réalisés dans la lutte progressiste des femmes qui s’est poursuivie jusqu’à présent, il reste de nombreux obstacles à surmonter.

L’Afrique regorge d’un grand potentiel en termes de ressources humaines. Les femmes, qui en constituent la majorité de cette main-d’œuvre dans presque tous les secteurs, sont toujours marginalisées au profit des hommes. Ce manque de perspective significative a conduit à la montée de mouvements de plaidoyer pour apporter des changements. 

On ne leur donne pas assez d’espace pour s’exprimer, leur voix compte moins, parfois  elle est  inexistante. Pourtant, elles veulent aussi participer aux décisions importantes et avoir les mêmes droits que les hommes dans la gestion des affaires publiques. Malheureusement, elles n’ont pas cette opportunité parce que le système est conçu de manière à ce qu’elles soient toujours minoritaires.

L’égalité des chances et des droits entre les femmes et les hommes est dans l’intérêt de tous, et nous devons tous en profiter lorsque les femmes et les filles réalisent leur plein potentiel. Cette contribution de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, rappelle à juste titre l’importance de donner aux femmes les mêmes chances que les hommes. Il ne suffit pas de dire que l’égalité s’obtient en nommant un petit nombre de femmes à certains postes. Elle devrait plutôt se faire sentir lors de la mise en œuvre de politiques qui placent les femmes sur le même statut que les hommes. Au Cameroun, par exemple, le gouvernement est composé de 63 membres, dont le Premier ministre, 4 ministres d’État, 31 ministres, 12 représentants ministériels, 5 ministres de mission et 10 secrétaires. Il n’y a que 8 femmes sur 44 hommes dans toutes ces instances nationales. Sur les 180 sièges de l’Assemblée nationale, 61 sont des femmes. Cela prouve que la représentation des femmes est un long processus par lequel les gouvernements travaillent à réduire la discrimination. Et cela ne peut se faire qu’en donnant aux femmes le même nombre de sièges qu’aux hommes dans les autres secteurs. De plus, le débat sur l’égalité sans prise en compte des femmes restera un scintillement, une sorte de vortex qui se poursuivra sans relâche, pourtant la solution est déjà connue.

Le mouvement lancé en août 1910 par Clara Zetkin qui a donné naissance à la célébration du 8 mars continuera tant que la parité homme et femme ne sera pas respectée. Aujourd’hui, les femmes ont conscience que leur destin dépend de leur volonté, mais surtout de leur capacité à faire pression pour obtenir gain de cause. Elles investissent donc à travers les associations pour impulser une nouvelle dynamique en mettant en avant leur savoir-faire dans le but de déconstruire les clichés, les préjugés sur le potentiel réel de la femme. Il y a certes des petites victoires dans le combat qu’elles mènent, mais il y a encore du chemin à faire, puisque les  initiatives visant à renforcer la participation des femmes dans les structures de prise de décisions ont été retardées par de nombreux facteurs dont le manque de moyens humains et financiers destinés à la formation aux carrières politiques et à la sensibilisation et le manque d’engagement des responsables politiques en faveur de la promotion de l’égalité entre les sexes et de la participation des femmes à la vie politique.  Il faut ajouter à ce manque de volonté, les idées culturelles qui ont également contribué à faire reconnaître dans l’ascension sociale des femmes, un frein au progrès et une menace pour les hommes

Charles Binelli

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